Data Centricity pour l’industrie étendue : ce qu’il faut retenir de la conférence AFNeT au Tech For Industry Show 2026
Le 23 juin 2026, à l’occasion du Tech For Industry Show, l’AFNeT a réuni plusieurs acteurs industriels autour d’un enjeu devenu central pour la transformation numérique : la Data Centricity pour l’industrie étendue.
Organisée dans l’espace VIP du salon, cette conférence a permis de poser une conviction forte. La donnée ne crée de valeur que si elle est comprise, structurée, partagée et gouvernée dans un cadre commun. Dans un contexte où les écosystèmes industriels deviennent plus connectés, plus distribués et plus dépendants des échanges numériques, cette approche apparaît comme un levier stratégique.
Aux côtés de GS1 France, Safran et Decathlon, l’AFNeT a rappelé que la transformation industrielle ne peut pas reposer uniquement sur les outils technologiques. Elle dépend aussi de la capacité des organisations à parler le même langage, à s’appuyer sur des standards partagés et à donner à la donnée une place réellement métier.
La Data Centricity, une approche métier avant d’être technologique
Dans l’industrie étendue, les informations circulent entre donneurs d’ordre, fournisseurs, partenaires, plateformes, outils métiers et systèmes d’information.Pourtant, ces échanges restent souvent freinés par des référentiels hétérogènes, des définitions différentes ou des modèles de données difficiles à rapprocher.
C’est précisément sur ce point que la Data Centricity apporte une réponse. Elle consiste à considérer la donnée comme un actif stratégique du cœur d’activité. Sa valeur dépend de sa qualité, de sa cohérence, de sa traçabilité et de sa capacité à être interprétée correctement par l’ensemble des acteurs concernés.
Cette approche invite donc les industriels à dépasser une logique centrée sur les applications. Elle les encourage à structurer la donnée en amont, pour qu’elle puisse alimenter durablement les usages : jumeaux numériques, intelligence artificielle, traçabilité, pilotage qualité, performance supply chain ou encore Digital Product Passport.
Les standards, socle de l’interopérabilité industrielle
L’intervention de Cédric Lecolley, Directeur commercial et filières chez GS1 France, a souligné un autre message clé de la matinée : sans standards, il ne peut pas y avoir d’interopérabilité fiable à grande échelle.
Dans des chaînes de valeur complexes, chaque acteur doit pouvoir échanger des données avec confiance. Cela suppose des règles communes, des identifiants partagés et une sémantique compréhensible par tous. Les standards permettent précisément de créer ce cadre.
Ils ne sont pas seulement des outils de normalisation. Ils constituent une infrastructure de confiance pour les échanges industriels. Ils facilitent la circulation des informations, réduisent les ambiguïtés et permettent aux systèmes de dialoguer sans perdre le sens des données échangées.
Cette dimension est essentielle pour l’industrie 4.0. Les entreprises multiplient les solutions numériques, les plateformes collaboratives et les outils de pilotage. Cependant, leur performance dépend de plus en plus de leur capacité à connecter ces environnements sans recréer de nouveaux silos.
La conférence a ainsi mis en évidence trois fondations indispensables :
- une gouvernance métier claire de la donnée ;
- des standards d’interopérabilité partagés ;
- une maîtrise de la sécurité, de la propriété intellectuelle et de la qualité des informations échangées.
Ces trois éléments forment le socle d’une transformation numérique réellement durable.
Des retours d’expérience pour ancrer la réflexion dans les usages
La matinée ne s’est pas limitée à une approche théorique. Les interventions de Safran et Decathlon ont permis d’illustrer concrètement la manière dont la Data Centricity se traduit dans les organisations.
Sylvain Treutenaere, docteur-ingénieur en mécanique chez Safran, a partagé un retour d’expérience autour de la structuration des données techniques. Dans un environnement industriel exigeant, les standards jouent un rôle déterminant. Ils permettent de fiabiliser les échanges, de mieux organiser les informations et de recentrer les efforts sur la valeur métier.
Cet exemple rappelle que l’interopérabilité n’est pas un sujet abstrait. Elle conditionne la capacité des équipes à exploiter les données dans la durée. Elle contribue aussi à réduire les frictions entre outils, métiers et partenaires.
De son côté, Théo Campion, Product Owner Digital Twin et Data Manager Traçabilité des Produits chez Decathlon, a illustré le rôle stratégique de la donnée de traçabilité. Lorsqu’elle est correctement structurée, cette donnée devient un outil de pilotage pour la qualité, la supply chain et les nouveaux usages liés au Digital Product Passport.
Le cas présenté montre que la traçabilité ne répond pas seulement à des exigences réglementaires ou documentaires. Elle peut devenir un levier de performance opérationnelle, d’amélioration continue et de création de nouveaux services.
Ce que l'on retient de cette conférence
Au fil des interventions, plusieurs enseignements se sont dégagés. Le premier concerne le rôle des métiers. Pour réussir une démarche Data Centricity, les entreprises doivent impliquer les équipes qui produisent, qualifient et exploitent les données.
La gouvernance ne peut pas être uniquement portée par les systèmes d’information.
Le deuxième enseignement porte sur l’importance du langage commun. Définir les objets, les termes, les relations et les référentiels constitue un préalable. Sans cette base, les modèles de données restent fragiles et les échanges perdent en fiabilité.
Le troisième point concerne les standards. Ils permettent d’aligner les acteurs et de sécuriser les échanges au sein d’écosystèmes industriels étendus. Ils favorisent aussi la scalabilité des projets numériques.
Enfin, la conférence a montré que la Data Centricity prépare les grands usages industriels de demain. Jumeau numérique, intelligence artificielle, traçabilité produit ou Digital Product Passport reposent tous sur une même condition : disposer de données fiables, structurées et interopérables.
Une dynamique collective portée par l’AFNeT
Avec cette conférence au Tech For Industry Show 2026, l’AFNeT confirme son rôle d’accélérateur des transformations numériques des filières industrielles. L’association agit comme un espace de dialogue entre industriels, acteurs des standards et experts métiers.
Cette dynamique est essentielle. Les enjeux liés à la donnée dépassent les frontières d’une seule entreprise. Ils concernent l’ensemble de la chaîne de valeur. Pour créer de la valeur, il faut donc construire des cadres communs, partager les bonnes pratiques et faire émerger des référentiels capables de soutenir les usages industriels.
La Data Centricity pour l’industrie étendue s’inscrit pleinement dans cette ambition. Elle invite les organisations à replacer la donnée au centre de leurs processus, non comme une ressource technique isolée, mais comme un actif stratégique partagé.
À l’issue de cette conférence, un message s’impose : la transformation numérique industrielle ne dépend pas seulement de la puissance des technologies. Elle dépend aussi de la capacité des acteurs à structurer leurs données, à les rendre compréhensibles et à les échanger dans un cadre commun.
C’est à cette condition que l’industrie pourra tirer pleinement parti de l’IA, des jumeaux numériques, de la traçabilité avancée et des nouveaux modèles de collaboration. Et c’est précisément sur ce terrain que l’AFNeT entend poursuivre son action, aux côtés de ses partenaires et de son écosystème.
Et un salon au top
Le Tech For Industry Show s’est confirmé comme un rendez-vous particulièrement pertinent pour les acteurs de la transformation industrielle. La qualité des échanges, le niveau des interlocuteurs présents et la diversité des profils réunis en ont fait un cadre privilégié pour rencontrer les bonnes personnes, au bon niveau de décision. Pour l’AFNeT, cette édition a été un franc succès, à la fois pour partager nos convictions autour de la Data Centricity et pour renforcer le dialogue avec l’écosystème industriel. Au regard de la richesse des rencontres et de la dynamique observée, nous pourrions très probablement renouveler notre participation lors d’une prochaine édition.